DEJAN

Kit Brown/Dejan – A kaleidoscope of nothingness
feat. Sylvia Pellegrino and Matthieu Amstutz

(bei all my clean friends and lovers, Zürich am 7. und 8. 12.2012…)


kaleidoscope-dejan.blogspot.de/

Frêle insomnie / Clinical Path

Les possibilités envisagées autrefois… les éventualités errantes des fantasmes ; qu’en faire ? Boire encore pour donner à la ténacité du vide une forme possible…
Encore une nuit automnale dans une pièce enfumée après quatorze joints. Vin rouge bon marché, gorge acide, un livre de Bukowski ouvert… La luminosité frêle, les nécessités blêmes, l’angoisse errant dans les travers anguleux d’un corps malaisé…
Des désirs qui s’érodent aux flux oscillants d’une pensée fade. L’idée d’un exténuement… Monotonie impalpable de la nuit qui éprouve cet insomniaque aphone… cris internes et déferlante silencieuse…

L’angoisse usurpe au bruissement du désir un soupir s’évaporant…
Il reprend son livre mais le repose soudainement, roule encore un joint et tire une bouffée. Une instantanéité illusoire de liberté… envoutante fumée emplissant les poumons. S’infiltrant dans l’antre de l’illusion cloisonnée. Rituel se répétant pour une conscience apaisée…cycliquement.
Comme dans un moment d’absence qui imite le néant…

Grelottant et insignifiant… forclos et en hibernation, il ne peut que laisser l’ennui et la souffrance consumer ses espérances. La réalité blafarde de la nuit, une aquarelle fade délavée par les intempéries du marasme… Dehors il fait froid ! 4 heures du matin… et la douleur du vide… un temps entre parenthèse, suspendu dans le chaos insomniaque de la déraison… un flux transitoire… les sens figés… l’œil… les souvenirs, comme des photographies au grain sale, figent l’inconvenance de sa situation.

Tenter encore d’écrire un poème stupide, mais trop d’idées et pas assez de mots… incohérence des signes alors qu’il croise avec horripilation son reflet, découvre les poches sous les yeux et le tain translucide de sa peau…
Mais au-delà du corps, en dehors de son appartement, il y a cette société immonde prête à s’enclencher… en face, le premier bus passe… des lumières s’allument dans les maisons du quartier… son voisin va pisser… le flux acoustique du monde diurne est gentiment perceptible.
Il s’agira encore de prendre un bon petit-déjeuner, odeur de café et de pain grillé… il faudra encore aller travailler…
Perdu dans les vapeurs étranges d’un monde issu de sa construction mentale, se complaisant dans les flottements divers d’un esprit tentant de faire échapper ce monde- à son corps… le voir d’une autre position, le corps ou le monde ? les deux ! Un espace où s’évaporer, une fuite envisageable.

Dejan, 2011

 

 


0 Comments to “DEJAN”

No Comments. Send your comment.

Leave a Reply


Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.